Personne analysant les statistiques de trafic de son site sur un ordinateur portable

Audit SEO : les vérifications qui comptent vraiment

Un audit SEO utile tient en une journée et répond à deux questions, dans cet ordre : qu’est-ce qui empêche Google de classer votre site, et qu’est-ce qui l’empêche de le classer mieux ? La première famille de problèmes (indexation, pénalité, vitesse mobile rédhibitoire) bloque tout le reste : tant qu’elle n’est pas réglée, retravailler vos titres ou votre contenu ne produira rien de mesurable. La seconde famille (titres, contenu, maillage, liens) se traite ensuite, page par page.

C’est précisément ce que les audits automatiques de 90 pages ne font pas. Un outil vous sort 200 « erreurs » à plat : des balises alt manquantes sur des images décoratives au même niveau qu’un site entier absent de l’index. Un audit n’est pas un inventaire d’erreurs, c’est une hiérarchie. Voici les vérifications qui comptent, dans l’ordre où un consultant les fait.

Premier cercle : ce qui bloque

Avant de juger la qualité de vos pages, vérifiez que Google peut les voir, qu’il a le droit de les montrer et que vos visiteurs ne renoncent pas avant l’affichage. Ces trois contrôles prennent une heure, outils gratuits compris.

Votre site est-il dans l’index de Google ?

Le réflexe rapide : tapez site:votredomaine.fr dans Google. Vous obtenez un échantillon des pages que Google connaît. C’est un premier signal, pas un comptage fiable : la documentation officielle de Google précise que cette commande ne renvoie pas toutes les URL indexées. La vraie source, c’est la Search Console et son rapport « Indexation des pages », qui liste page par page ce qui est indexé, ce qui ne l’est pas, et pourquoi.

Pourquoi commencer là ? Parce qu’une page que Google n’a pas indexée n’existe tout simplement pas pour le référencement, quelle que soit sa qualité. Le cas se rencontre plus souvent qu’on ne le croit : un menuisier fait refondre son site, le prestataire travaille sur une version de test avec l’indexation désactivée, puis met en ligne sans réactiver. Six mois plus tard, 3 pages indexées sur 40 et personne n’a rien vu. Sur WordPress, c’est une simple case à décocher (Réglages, Lecture, « Demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site »). Les autres causes fréquentes : un robots.txt qui bloque des répertoires entiers, des balises noindex oubliées, des pages orphelines qu’aucun lien ne dessert.

Avez-vous une action manuelle ?

Dans la Search Console, ouvrez « Sécurité et actions manuelles », puis « Actions manuelles ». Dans l’immense majorité des cas, vous lirez « Aucun problème détecté » et vous passerez à la suite : les pénalités manuelles sont rares pour un site de PME qui n’a pas joué avec le feu. Mais la vérification prend deux minutes, et si une action manuelle est en cours (le plus souvent pour des liens artificiels achetés par une agence peu scrupuleuse, parfois des années plus tôt), rien d’autre n’a d’importance tant qu’elle n’est pas levée : corriger toutes les pages concernées, puis demander un réexamen depuis ce même rapport.

Si votre site a brutalement perdu son trafic sans action manuelle affichée, le diagnostic est différent (mise à jour d’algorithme, problème de pertinence) : nous l’avons détaillé dans pourquoi votre site ne se classe pas bien sur Google.

La vitesse mobile est-elle rédhibitoire ?

L’objectif de l’audit n’est pas de viser 100/100 à PageSpeed Insights. Il est de détecter le cas bloquant : le site qui met 8 secondes à afficher quoi que ce soit sur un téléphone en 4G. Le repère officiel de Google pour le chargement de l’élément principal (le LCP) est 2,5 secondes au maximum. En pratique, retenez ceci : si votre contenu principal met plus de 3 secondes à s’afficher sur mobile, traitez la vitesse avant tout travail éditorial. Testez avec PageSpeed Insights, mais aussi avec votre propre téléphone, en données mobiles, sur le parking devant le bureau : c’est l’expérience réelle de vos clients.

Statistiques d'un site web consultées sur un smartphone

Sur les sites de PME, les coupables sont presque toujours les mêmes : des photos envoyées telles quelles depuis l’appareil (4 000 pixels de large pour un affichage en 800), l’absence de cache, un hébergement mutualisé saturé. Nous avons consacré un guide complet à l’optimisation du SEO mobile si ce point ressort de votre audit.

Second cercle : ce qui optimise

Une fois le premier cercle dégagé, l’audit change de nature : il ne cherche plus une panne, il cherche des marges de progression. Inutile de passer les 200 pages du site au peigne fin. Prenez vos 10 à 20 pages les plus importantes (celles qui visent vos requêtes commerciales, plus celles qui reçoivent déjà du trafic) et examinez quatre points.

Les titles et les H1, l’optimisation la plus rentable

Pour chaque page importante, vérifiez que la requête visée figure dans la balise title, dans l’URL, dans le H1 et dans la première phrase. Le title reste l’emplacement le plus rentable d’un audit : c’est souvent là que tout se joue, et c’est corrigé en dix minutes. Une savonnerie lyonnaise dont la page d’accueil s’intitule « Accueil | Maison Durand » ne dit rien à Google ; « Savons artisanaux fabriqués à Lyon | Maison Durand » dit l’essentiel. Attention à l’excès inverse : répéter mécaniquement le mot-clé dans chaque paragraphe relève de la sur-optimisation, pas de l’optimisation.

Le contenu pauvre ou dupliqué

Repérez les pages de 80 mots, les fiches produits qui recopient la description du fabricant (la même que sur 50 autres boutiques), les pages « ville » générées en série où seul le nom de la commune change. Ces pages diluent la perception globale de votre site. Le verdict de l’audit doit être tranché pour chacune : enrichir ce qui mérite d’exister, fusionner ou supprimer le reste. Un site de 30 pages solides se porte mieux qu’un site de 300 pages creuses.

Le maillage interne

Deux vérifications suffisent à ce stade. Vos pages stratégiques sont-elles accessibles en deux ou trois clics depuis l’accueil ? Et reçoivent-elles des liens depuis le corps du texte d’autres pages, pas seulement depuis le menu ? Les liens de navigation et de pied de page sont largement dévalués par Google ; ce sont les liens posés dans le contenu qui transmettent de l’autorité. Si la notion vous échappe, commencez par notre définition du maillage interne.

Le profil de liens entrants

Le rapport « Liens » de la Search Console liste les sites qui pointent vers le vôtre. Vous n’y cherchez pas un volume, vous y cherchez une physionomie. Quelques liens depuis des sites réels et thématiquement proches (la presse locale, un syndicat professionnel, un fournisseur) valent mieux que des centaines d’annuaires anonymes. Le signal d’alerte à noter dans l’audit : des dizaines de domaines inconnus aux noms improbables, trace d’un achat de liens passé. C’est l’information qu’il vous faudra si une action manuelle tombe un jour.

Tenir l’audit en une journée

Le déroulé qui fonctionne pour un site de PME :

  • Le matin, le premier cercle : indexation dans la Search Console, rapport d’actions manuelles, test de vitesse mobile. Trois verdicts binaires : ça bloque ou ça ne bloque pas.
  • L’après-midi, le second cercle sur un échantillon : titles, H1 et contenu de vos 10 à 20 pages clés, maillage interne, coup d’œil au profil de liens.
  • En sortie, une seule page : 5 à 10 actions classées par impact, avec pour chacune qui la fait et en combien de temps.
Entrepreneur notant son plan d'action à côté de son ordinateur portable

Ce livrable d’une page est le vrai test d’un audit. Un score global (le fameux « 87/100 » des outils en ligne) flatte ou affole, mais ne dit jamais par quoi commencer lundi matin. Méfiez-vous aussi de l’audit gratuit qui conclut systématiquement qu’il faut acheter la prestation de celui qui l’a produit.

Dernier conseil, le plus contre-intuitif : ne traitez pas tout en même temps. Corrigez le premier cercle, attendez quelques semaines, mesurez, puis attaquez le second. Modifier dix choses à la fois rend tout diagnostic impossible : si le trafic remonte, vous ne saurez jamais grâce à quoi, et s’il stagne, vous ne saurez pas davantage pourquoi. Un audit hiérarchisé suivi de corrections séquencées, c’est ce qui distingue une démarche SEO pilotée d’une suite de bricolages.

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